Personnalités inspirantes

Paulette Nardal

Née en Martinique en 1896, Paulette Nardal est une journaliste, écrivaine et intellectuelle majeure du XXe siècle. Première femme noire inscrite à la Sorbonne, elle découvre à Paris une communauté intellectuelle venue des Antilles, d’Afrique et des États-Unis. Avec ses sœurs, elle fait de leur salon de Clamart un lieu de rencontre et d’échange entre écrivains, étudiants et penseurs noirs.

Dans ce salon circulent notamment les idées de la Harlem Renaissance, un grand mouvement culturel et artistique afro-américain des années 1920 et 1930. Ce mouvement met en valeur la littérature, la musique, la poésie, l’histoire et la fierté noire. Paulette Nardal joue un rôle important en faisant connaître en France certaines de ces idées venues des États-Unis. Elles nourrissent alors les réflexions d’intellectuels noirs francophones sur l’identité, la culture, le colonialisme et la place des populations noires dans le monde.

En 1931, elle cofonde La Revue du monde noir, une revue bilingue qui donne la parole à des intellectuels noirs des Antilles, d’Afrique et des États-Unis. Dans ses propres textes, notamment Éveil de la conscience de race en 1932, Paulette Nardal défend l’idée que les personnes noires doivent mieux connaître leur histoire, retrouver la fierté de leurs origines et développer une solidarité au-delà des frontières. Ces réflexions annoncent plusieurs idées qui seront ensuite au cœur de la Négritude.

Paulette Nardal n’invente pas le mot « Négritude », mais elle contribue à créer le cadre intellectuel dans lequel cette pensée va se développer. En 1935, elle écrit d’ailleurs dans L’Étudiant noir aux côtés de Césaire et de Senghor. La Fondation pour la mémoire de l’esclavage la qualifie ainsi de « marraine de la Négritude ».

Son engagement ne s’arrête pas à la question de l’identité noire. Paulette Nardal s’engage également en faveur de la place des femmes dans la société et dans la vie publique. Après l’obtention du droit de vote des femmes en 1944, elle revient en Martinique et participe activement à leur mobilisation politique.

En 1945, elle crée le Rassemblement féminin et fonde le journal La Femme dans la cité, afin d’informer les Martiniquaises sur leurs nouveaux droits et de les encourager à voter,** à s’exprimer et à prendre part aux décisions qui concernent la société. Son engagement ne se limite donc pas à la défense de l’identité noire : elle œuvre aussi pour que les femmes, et en particulier les femmes noires et antillaises, puissent faire entendre leur voix et occuper une place plus importante dans la vie citoyenne.